Voler en zone contrôlée, c'est un autre métier

Quand on dit "drone professionnel", la plupart des gens pensent à un pilote qui décolle dans un champ et fait de jolies images. La réalité du terrain en Île-de-France est très différente. Une bonne partie des chantiers BTP se trouve en zone aéroportuaire, c'est-à-dire dans les CTR (Control Traffic Regions) de Roissy, Orly, Le Bourget ou Issy-les-Moulineaux.

Voler dans ces zones sans autorisation, c'est jusqu'à 45 000 euros d'amende et un an d'emprisonnement. Voler avec autorisation, c'est un processus administratif de plusieurs semaines et une coordination le jour J avec la tour de contrôle.

Les démarches obligatoires

Depuis janvier 2026, les scénarios nationaux S1, S2 et S3 ont été remplacés par les scénarios européens STS-01 et STS-02. Pour voler en zone contrôlée dans le cadre d'un chantier, il faut :

Dans les faits, le délai de 10 jours est un minimum. Certaines préfectures en Île-de-France répondent en 3 semaines, d'autres ne répondent pas du tout et il faut relancer. C'est la partie la plus frustrante du métier.

Un chantier BTP en zone aéroportuaire : le cas concret

L'an dernier, un promoteur en Île-de-France m'a confié une mission de captation sur un chantier situé en pleine CTR. Les contraintes terrain étaient sérieuses : rafales à 50 km/h, une fenêtre de vol d'une heure maximum, et une coordination obligatoire avec la tour de contrôle.

La préparation a commencé trois semaines avant le jour du tournage. Déclaration préfectorale, protocole DSNA, vérification que le drone (Mavic 4 Pro, classe C5, parachute Klick) était conforme. Le jour J, appel à la tour de contrôle 30 minutes avant le décollage pour confirmer le créneau.

Le vent posait un vrai problème. À 50 km/h en rafales, le drone est à la limite de ses capacités. Le parachute intégré (obligatoire en STS-01) est rassurant mais c'est surtout l'expérience terrain qui fait la différence : savoir quand annuler et quand profiter d'une accalmie de 10 minutes.

On a tout capturé en deux créneaux de 20 minutes, entre deux séries de rafales. Les images ont servi au suivi de chantier mensuel et à la communication du promoteur.

Pourquoi le CATS change tout

Avant 2026, n'importe quel télépilote avec un BAPD (brevet théorique) pouvait déclarer des vols en scénario S1 ou S3. Le niveau d'exigence était assez bas.

Le CATS est un cran au-dessus. 60 questions sur la réglementation européenne, la météo, l'aéronautique, les procédures d'urgence. Le taux d'échec est significatif. Pour un client BTP qui cherche un prestataire drone, demander le CATS est le premier filtre de sérieux. Ça garantit que le pilote connaît les procédures de vol en zone contrôlée et sait gérer une situation dégradée.

Ce qu'il faut retenir pour les donneurs d'ordre

Si vous êtes promoteur ou maître d'ouvrage en Île-de-France, votre chantier est probablement en zone aéroportuaire. Avant de mandater un prestataire drone, vérifiez trois choses : qu'il a le CATS, que son drone est enregistré et conforme (classe C5 ou C6), et qu'il prend en charge les démarches préfectorales. Le reste, c'est son métier.

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